Etienne de Crecy live

Samedi dernier, j’étais à la soirée We love in Cité, organisé par We love Art (oui, les organisateurs calamiteux du We love Trax dont j’ai déjà parlé ici)… Au programme, plein de bonnes choses, mais surtout Etienne de Crecy.

On est donc arrivés à 0h30 à la Cité de la Musique (pas la peine d’être à l’heure, on commence à comprendre le principe), à temps pour écouter Lindström pas mal du tout, avant d’aller s’installer dans la grande salle.

Là, pour commencer, une très bonne découverte : Metronomy, un trio londonien kitsch et pop et excellent.

Ensuite, Scratch Massive, que je voulais voir depuis longtemps. J’ai adoré ce live, subtil et intelligent, qui m’a donné dix mille idées… De la pure musique électronique, des ambiances qui durent et laissent le temps de se laisser hypnotiser, et de très belles images. Bref, tout ce que j’aime.

Et pour terminer, Etienne de Crecy himself dans son nouveau live, avec un cube de lumière et un son énorme dans un style très influencé par Justice et Daft Punk (je comprends mieux qu’il m’ait dit qu’il adorait Justice…). Le résultat ? Impeccable, de toute beauté, d’une puissance assez incroyable.

Au fond de moi, je regrette un peu son côté moins électrique et la subtilité qu’on trouve dans ses albums, mais ça reste un superbe live, un projet très réussi, et si vous avez l’occasion d’aller le voir, n’hésitez pas une seconde.
D’ailleurs ce samedi, ce n’était pas trop grave, car en termes de subtilité, on a été plus que servis par Scratch Massive…

Une chose que j’ai adoré dans cette soirée, c’est le son : la salle de concerts de la Cité de la Musique est vraiment parfaite. On entend trop souvent de la musique électronique dans de mauvaises conditions (par exemple, We love Modeselektor il y a quelques mois), alors pour une fois que c’est parfait, ça mérite d’être signalé.

Liens :

>Direct Note access, une révolution dans la MAO

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En musique assistée par ordinateur, on n’a pas trop à se plaindre du rythme de nouveautés. Chaque saison apporte son lot de machines extraordinaires qui nous rendent encore plus puissants et créatifs. Depuis quelques semestre, on a vu beaucoup de contrôleurs très ingénieux, qui nous permettent de créer de la musique de manière plus directe et plus intuitive qu’avec une souris.
Mais l’événement du début 2008, ce serait plutôt l’invention de ce sympathique barbu, Peter Neubäcker.
Peter est l’inventeur de Melodyne, un logiciel permettant de transformer n’importe quel signal audio en fichier Midi… Pour les néophytes et lecteurs de passage, cela signifie que n’importe quel son enregistré peut, grâce à Melodyne, être « lu » par l’ordinateur, et restitué sous forme d’une partition que l’on peut ensuite faire rejouer à n’importe quel autre instrument. Par exemple : je chante « au clair de la lune », je m’enregistre, je fais travailler Melodyne, et j’obtiens un fichier qui me permet de faire reproduire la superbe mélodie issue de mes organes vocaux à n’importe quel synthétiseur…

La révolution qui se profile avec la nouvelle version de Melodyne est tout simplement stupéfiante : Peter Neubäcker a réussi à mettre au point un algorithme qui permet de distinguer les notes simultanées à l’intérieur d’un fichier son. Résultat : alors que Melodyne ne fonctionnait que pour les mélodies simples, on va pouvoir maintenant « enregistrer » des accords, des partitions complexes à plusieurs instruments !

Mais je parle, je parle, et une image vaut mieux que tout : allez-donc voir la vidéo expliquant le principe du Direct Note Access. En plus, les images sont fascinantes…

>Laurent de Wilde et Otisto23, Mungolian Jet Set, Cosmo Vitelli et Agoria à la Cigale

>Cette année, le programme du festival Factory à la Cigale était vréiment riche. On aurait bien voulu aller à toutes les soirées, mais il a fallu choisir.

On n’a pas hésité longtemps : la soirée du 12 octobre s’imposait d’elle-même, même si on a dû se résigner à manquer the Cinematic Orchestra, Wax Tailor ou encore Laurent Garnier.

Le 12 octobre, donc, il y avait Agoria live, qu’on avait manqué à We love Trax il y a quelques mois.
Il y avait surtout Laurent de Wilde et Otisto23, pour la sortie de l’album PC Pieces, que j’attendais depuis près de 2 ans, depuis cette soirée inoubliable à la Maison de la Radio où j’ai pu assister à leur première expérience de duo piano + ordinateur.

Et, cerise sur le gâteau, il y avait Bugge Wesseltoft, invité de la Mungolian Jet set, que je ne connaissais pas, mais bon, Bugge, c’est tout de même l’un de mes deux monstres sacrés avec Laurent de Wilde…

Verdict : Laurent + Otisto renversants; Mungolian jet set bordélique, et Agoria très convaincant, même s’il manque un je-ne-sais-quoi dans le sens de la relance pour que ce soit vraiment bouleversant.

Et, en plus, la découverte de Cosmo Vitelli, qui avait la tâche redoutable de mixer entre les sets, et qui nous a sorti une prestation d’un bon goût parfait.

Bref : l’an prochain, on retournera au festival Factory. Mais on n’attendra pas tout ce temps pour retourner voir Laurent de Wilde + Otisto.
Pour vous faire une idée de leur musique précipitez-vous ici (et regardez les vidéos ! ): http://www.myspace.com/pcpieces

>L’industrie du disque : un livre indispensable

>Je viens de terminer un petit livre excellent : l’industrie du livre, de Nicolas Curien et François Moreau.

Sur le thème de la musique à l’ère de l’Internet, on lit beaucoup de trucs prophétiques ou apocalyptiques, on voit s’affronter les pro- et les anti- à coup d’arguments longuement mûris par les différents groupes d’intérêts… Bref, il est facile de trouver des informations, mais difficile de se faire une opinion. Oui plutôt, il est facile de trouver des opinions, mais difficile d’en tirer suffisament d’informations… enfin, bref, vous voyez ce que je veux dire.

Les auteurs sont tous deux économistes au CNAM, et ils nous expliquent pas à pas tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le fonctionnement du marché du disque, son évolution, la stratégie des majors, le rôle des labels indépendants, la fonction des radios, la place de la télévision, l’importance des concerts, la spécificité des produits vendus.
A la fin du livre, on a vraiment l’impression de comprendre la logique globale du marché de la musique.

Dans ce livre, pas de présupposé pour ou contre le paiement, pour ou contre la « liberté de pensée » ou la « liberté de télécharger », pas de bons ni de méchants, pas d’accusés : une analyse économique rigoureuse et limpide (mais ce n’est pas du tout un livre technique), qui permet de décoder les enjeux, de comprendre les difficultés rencontrées par certains acteurs, et de constater l’insuffisance des discours mille fois entendus.

C’est clair, très bien écrit, bourré d’exemples, les auteurs maîtrisent vraiment leur sujet… Un véritable plaisir de trouver des bouquins comme celui-ci.

On peut lire certains articles des deux auteurs (en anglais, pour la plupart), depuis leurs pages perso sur le site du CNAM :

Nicolas Curien
François Moreau

>Radiohead sort un album sur le Web, les internautes fixent le prix, et alors ?

>La grande nouvelle du jour, c’est la sortie du nouveau Radiohead. Toutes les radios en parlent.
Ce matin, sur RFM, un présentateur abruti parlait même de première mondiale à propos de l’idée selon laquelle ce sont les internautes qui fixent le prix auquel ils veulent acheter l’album.

Oui mais voilà, ce n’est pas une première mondiale. Cela fait déjà longtemps que le principe existe. Un bon exemple : reshape-music un label « éthique et participatif », qui reverse 50% du prix de vente aux artistes (contre 3%, disent-ils, dans un label classique), et où les internautes peuvent fixer eux-mêmes le prix auquel ils désirent soutenir les musiciens.

Rien de nouveau sous le soleil donc, sauf que cette fois-ci, c’est un groupe de référence qui adopte la logique alternative, et que c’est peut-être le signe que les choses commencent peut-être à bouger vraiment.

A moins que, comme Stephen King ou Prince, tentés un moment par la diffusion en ligne, Radiohead ne rentre dans le rang dès le prochain album… Affaire à suivre.

>Ableton Live 7 : la version béta est disponible

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Je fais presque toute ma musique avec un seul logiciel, qui a changé ma manière de créer : Live, d’Ableton.
La version 7 est disponible depuis aujourd’hui en version béta.

Je n’aurai pas le temps de participer au programme de débuggage, mais j’ai lu attentivement la liste des nouveautés, et il y a vraiment de quoi saliver. Je suis vraiment impatient de passer à cette nouvelle version, qui répond à la plupart des problèmes que j’étais en train de me poser pour améliorer mes sets.

En vrac, j’attends beaucoup des nouveaux « drum tracks » et du slicer intégré, pour créer encore plus facilement de nouveaux rythmes (je sens que mon trigger finger va ressortir du placard…), j’attends beaucoup des changements de signature rythmique, et des nouveaux instruments qui seront livrés avec Live.

Pour tout savoir sur live7 : http://www.ableton.com

>Ecouter les samples des Daft Punk

>Sur l’excellent blog Create digital Music, je viens de tomber sur un billet du 31 août (mieux vaut tard que jamais) au titre plus qu’accrocheur : Daft Punk, Daft plagiarists ?

Le contenu du billet n’est pas nouveau : les Daft Punk utilisent des samples pour presque tous leurs morceaux. Ce qui est plus intéréssant, c’est que cette fois-ci, il y a un lien vers les morceaux originaux, compilés dans la rubrique Sample Wednesday du blog Palm out Sounds.

Moi, je n’avais jamais pris le temps de les écouter, ces morceaux samplés.

Verdict : je trouve facile (et fallacieux) de crier au plagiat, mais ça vaut vraiment le coup d’écouter pour réaliser à quel point parfois les emprunts sont importants, et en même temps à quel point le travail des DP est original, à quel point leurs morceaux diffèrent des originaux (et les surpassent largement).

C’est très étonnant de voir « un morceau de Daft Punk » au beau milieu d’une chanson (souvent moins efficace). Et c’est parfois étonnant de réaliser que, parfois, les Daft Punk samplent vraiment de gros morceaux… Vivement qu’ils recommencent !

Ah oui, voici donc ce fameux lien vers Sample Wednesday

>Eivind Aarset live dans ton salon

>Pour ceux qui ne seront pas en train d’assister au set d’Etienne de Crecy, rendez-vous sur le site de Bugge Wesseltoft, Buggesroom, pour assister en ligne et en direct à un concert d’Eivind Aarset, qui présentera son nouvel album Sonic Codex, à 21H (heure d’Oslo, à vous de faire le calcul…).

Si vous ne connaissez pas Eivind Aarset, je vous conseille fortement de le découvrir : c’est un guitariste exceptionnel, expert en création d’ambiances épurées, de mélodies torturées, de sons électroniques venus de nulle part.

http://www.buggesroom.com

Soyez à l’heure !